Pot à lait

Pot à lait

 

Et voilà « Médord » (en fait, j’ignore son nom véritable) fixé sur un pot à lait ! Il s’agit d’une commande passée depuis plusieurs mois. Pour avoir déjà travaillé sur ce genre de support, je redoutais de commencer. En effet, il demande beaucoup de temps, d’autant plus qu’il n’est absolument pas préparé, ce qui veut dire nécessité de passer de l’abrasif pour que le métal puisse accrocher la peinture, bien enlever toute trace de poussière ou de gras… En attendant, le « bon » moment, le pot dormait dans un coin…

Noël approchant, je me suis dit que son propriétaire serait peut-être agréablement surpris de l’avoir au pied du sapin. La motivation était très forte. Mais l’état de l’oeil droit ne permettait pas d’avancer.

Ces derniers temps, à cause de la pression intra-oculaire qui refuse de se stabiliser à un niveau raisonnable et l’irritabilité des collyres, la cornée est à vif. Quand je ferme les yeux, la paupière droite agit comme une lame de rasoir sur la cornée. L’espace des deux ou trois secondes que la paupière met pour se relever, la douleur est tellement intense que je perds connaissance. Cela m’est déjà arrivé au volant. La voiture a failli une fois manger le mur en face en descendant au village.

La douleur (que j’appelle affectueusement « Dolorès ») peut demeurer une heure, une après-midi ou une journée entière jusque tard dans la nuit. Je trouve que c’est plus pénible à supporter la nuit. J’ai sommeil, mais je ne peux pas me mettre en position allongée, car la paupière pèse une tonne sur la cornée…

– « Docteur, existe-t-il un médicament pour calmer ces douleurs ? »

– « Absolument rien. »

Super !!! Ainsi, quand Dolorès se présente, je fais le moins possible pour éviter d’augmenter encore plus l’irritabilité de l’oeil droit. Souvent, je reste les yeux fermés (le plus fixement possible, car tout petit mouvement de l’oeil droit dans son orbite provoque une décharge électrique). Et quand la souffrance dépasse mon degré de tolérance, il ne me reste plus qu’à mordre dans les coussins pour étouffer les cris…

Vie professionnelle : 0

Vie sociale : 0

Etant donné que le traitement médicamenteux ne parvient pas à stabiliser la pression, l’ophtalmologiste me propose de passer à l’option laser, qu’on écartait jusque-là, car le peu de nerf optique restant risque d’être détruit. Il ne dispose pas du laser qui convient à mon cas. Aussi m’envoie-t-il consulter un professeur au CHU de Montpellier. Voici un extrait de sa lettre :

TP_laserEn attendant l’acceptation (peut-être) de  ce professeur à me recevoir, Dolorès me tient compagnie. Cinq minutes de peinture un jour, cinq minutes de peinture le lendemain…et Médord prend forme. Rien que cela, mon coeur est empli de bonheur. Merci la vie !!!

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