La rencontre du dessin

La rencontre du dessin

La première fois que le dessin avait un sens pour moi fut la rencontre avec un homme qui officiait ses talents de portraitiste devant le Louvre. J’avais environ huit ans et je venais d’arriver en France, après avoir séjourné trois ans dans les camps de réfugiés. On passait les grandes vacances scolaires chez mon oncle à Montrouge. Et quasiment tous les jours, on allait jouer aux Tuileries. Tout ce que je voyais à l’intérieur du Louvre ne me disait rien. Ce sont des choses finies. J’ignorais comment elles étaient faites. Alors que voir un visage prendre forme sur du papier sous mes yeux, c’est de la magie pure. Parmi tous les portraitistes et caricaturistes qui travaillaient là, c’était cet homme à la surchemise à carreaux que j’admirais le plus. Tous les jours, il portait cette surchemise. Je le croyais pauvre au point de ne posséder que ce seul vêtement. Je me souviens avoir demandé à ma mère : « Il gagne de l’argent. Pourquoi, il ne s’achète pas une autre chemise ? »

Coucou à vous, Monsieur à la surchemise à carreaux, si jamais vous lisez un jour ces lignes ! A côté de votre chevalet, vous aviez exposé un portrait d’Elle Macpherson avec des cheveux relevés en queue à cheval et des pendentifs en perles de rocaille, en couverture du magazine Elle, de cet été là…

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