ATC – ACEO

ATC – ACEO

Elfie_en_coursUne petite envie de réaliser des cartes d’artiste passe par là… Elles sont connues sous les abréviations ATC (Artist Trading Card) quand elles s’échangent ou ACEO (Art Card, Editions & Originals) quand elles se proposent à la vente. Ce sont des pièces uniques, faites à la main, sur n’importe quel support, du moment qu’elles respectent le format 64×89 mm.

C’est tout petit comme format. Aïe, je n’ai pas les outils adéquats… Mes plus fins pinceaux ne sont pas assez fins pour les détails. Rien ne m’oblige à travailler la peinture… On verra pour les prochaines. La petite elfe se continue à l’acrylique sur du papier épais. Ca change de la toile !

Qui vivra, verra…

Qui vivra, verra…

GAURAMerci la vie de m’accorder cette journée merveilleuse ! Quelqu’un de l’extérieur pourrait ne pas saisir en quoi elle est merveilleuse : pas de gain à la loterie, pas de vente mirobolante de tableaux… En somme, rien d’extraordinaire qui mérite de l’enthousiasme. Oui ! Pas évident à saisir… Elle est merveilleuse, car pas une once de douleur à l’oeil droit ! Ce qui me permet de peindre… Youpi !!! D’accord ! J’ai la joie facile. Il faut dire que je reviens de loin…

La consultation du 24 janvier ne s’est pas passée comme prévue au CHU de Montpellier. Sur la convocation, il était indiqué une consultation à 9h00, suivi d’un examen anesthésiste à 11h00. Jusqu’à la veille, je ne voulais pas y aller. L’idée du laser m’était insupportable. « Vas-y quand même, ma petite ! Ecoute ce que le professeur a à te dire. De toute façon, il ne va rien te faire demain. Il va juste te présenter l’opération du laser. »

Au réveil, l’oeil droit était rouge. Il se maintenait péniblement ouvert.

Au lieu d’une parlote, l’oeil droit subit toute une batterie d’examens sans ménagement… Qui dit CHU, dit étudiants… « Madame, gardez votre oeil ouvert ! Vous compliquez l’examen, qui n’est pas douloureux ! ». Sur un oeil sain, sans doute ne l’est-il pas. Mais avec une pression à 34 ce matin-là, le moindre souffle est une torture… Pour finir, après quatre heures de mains en mains, échographie… Avec des écarteurs de paupières, à vif. J’ai bondi en pleurs hors de la table d’examen à la pose de l’engin barbare. Je n’ai pas vu à quoi il ressemble, mais il fait affreusement mal. On aurait dit que l’oeil se faisait ouvrir avec un scalpel. « Soyez courageuse, madame ! ».

Le professeur, je l’ai eu en face de moi quelques minutes à la fin des examens, le temps de m’expliquer que le laser ou l’ultra-son ne donneront pas de résultat. Il faut envisager une chirurgie, sans trop de détail… L’infirmière me fixe une date d’opération au plus tôt le 13/02. La matinée se termine à 13h30, par une anesthésiste d’une humanité à faire pleurer. Enfin, quelqu’un qui me considère comme une personne à part entière. Je n’ai cessé de lui dire merci. Elle avait une façon douce de poser des questions. Elle a du vécu. Elle me comprenait. « J’ai été endormie une fois pour être opérée de l’appendicite. Mais il s’est avéré que ce n’était pas de l’appendicite. Alors, j’ai dû être de nouveau hospitalisée… En tout, j’ai eu trois hospitalisations dans ma vie… Sinon, j’ai eu des pertes de connaissance quand je me suis fracturé le crâne et autre bras cassé. C’était pendant la guerre. Pas d’hôpital. Ce sont les cataplasmes d’un guérisseur et autres techniques de ce style qui ont aidé à la cicatrisation. » L’année de mon opération d’appendicite, elle y était justement dans le pays, à la sortie de la guerre… A la fin de la consultation, elle me dit : « C’est loin le 13/02. Le professeur vous a donné de quoi calmer les douleurs d’ici-là ? » « Non ! » « Je vais lui faire un message pour qu’il vous libère une place plus tôt. Vous ne pouvez pas rester comme ça ! »

Dans les heures qui ont suivi, de la tête aux pieds, le corps exprime le traumatisme subi. Pas beau à voir du tout…

Finalement, j’ai renoncé à l’opération, pas dans ces conditions, en tout cas. Ce n’est pas une chirurgie anodine. Elle présente des douleurs post-opératoires et nécessite un suivi très régulier sur une certaine période. J’ai envie d’une équipe compétente, compréhensive, disponible… Le rythme effréné à l’hôpital ne permet pas d’être aux petits soins pour chaque patient. C’est un constat. Mais la vitesse et la précipitation peuvent aussi conduire à des ratés. J’ai encore en tête l’aventure arrivée à Roger cet automne. Lui et sa femme, Margaret, sont venus passer des vacances dans la région. Il est tombé à Arles : une jambe cassée. Il se fait réparer à l’hôpital de Nîmes. Au bout de deux semaines, Margaret m’apprend avec excitation que Roger sort de l’hôpital pour aller en rééducation. Mais au lieu de la rééducation, on lui annonce une complication, qui nécessite une amputation… Il a été rapatrié dare-dare en Angleterre pour l’amputation.

Pour l’instant, je prends le temps de souffler, laisser le corps se remettre de ces émotions. Dolorès revient régulièrement pour une visite. Mais ayant connu des douleurs plus fortes qu’elle, je parviens à mieux accepter sa compagnie. Et si jamais, je suis à bout, l’ophtalmologiste m’a indiqué un chirurgien qui pratique dans une autre ambiance que celle de l’hôpital.

Temps de séchage de l’acrylique

Temps de séchage de l’acrylique

Il paraît que la peinture à l’huile met du temps à sécher. En fait, je n’ai jamais eu la curiosité de travailler la peinture à l’huile, à cause des dissolvants à utiliser. Pour avoir utilisé de la peinture pour carrosserie qui nécessite des dissolvants forts en odeur dans le nettoyage du matériel, (et encore quand les pinceaux ne sont pas « bouffés » par la peinture elle-même), je préfère me cantonner à la peinture à base d’eau. Il paraît qu’il y a maintenant des dissolvants sans odeur pour la peinture à l’huile. Dans ce cas, peut-être que je me laisserais tenter un jour à l’essayer…

Aujourd’hui, Dolorès me laisse tranquille. J’ai pu commencer une nouvelle toile, dos à la baie vitrée (exposition sud, avec un soleil radieux à l’extérieur). Que c’est bon !!!

Avec la chaleur qui règne dans la pièce, malgré le chauffage coupé, la peinture sèche très vite sur la palette. Mais comme je ne dépose que des petites doses à la fois, le gâchis est moindre. Enfin… ça fait toujours un peu mal au coeur quand même, au prix de la peinture !

Ne serait-ce pas le regard d’une Belle qui se profile ?

Inspiration dominicale

Inspiration dominicale

Hop ! une inspiration passe par là… Vite ! Une feuille, un crayon !!! Voilà ! Le sujet de la prochaine toile est là. Cela fait un certain temps que les Belles ont cessé de voir le jour. Nooon ! pas de place au doute. C’est comme la bicyclette, ça ne s’oublie pas. Les gestes vont revenir au premier contact. Aie confiance !

Quelle couleur pour le fond ?

Quelle couleur pour le fond ?

PINK_LILYPINK LILY continue doucement sa progression. Quelle couleur pour le fond ? Plutôt quelque chose dans une tonalité sombre. Noir ? Oh ! Ce serait bien et il ferait extraordinairement ressortir la fleur. Finalement, ce sera quelque chose comme du turquoise… En attendant, d’éventuelles autres inspirations…

Assez vu, le noir. Dans la nuit de samedi à dimanche, j’ai drôlement bien dormi. Au petit matin, je vérifiais plusieurs fois, en tournant les yeux dans tous les sens : « Merci la vie ! Je n’ai pas mal. Génial. Fantastique. » Je retourne volontiers dans les bras de Morphée. Mais vers 8h30, je sors de ma grasse matinée avec tout le côté gauche du visage en feu. Les douleurs partent de l’oeil droit et descendent jusqu’à la mâchoire. Un comprimé de paracétamol plus tard, tout se calme, sauf dans l’oeil. Vers 14h, c’est intenable. L’oeil va exploser, tellement les vaisseaux sont dilatés !

Eh ! hop ! Direction les urgences… La première fois que je me suis présentée à ce service, c’était il y a six ans, à 4h du matin. La prise en charge était directe. Il faut dire qu’ils n’avaient rien à faire avec moi, hormis m’ouvrir les portes et me laisser aller au service qui devait me traiter, car mon hospitalisation était programmée. Seulement, on ne savait pas quand l’évènement nécessitant l’hospitalisation allait se déclencher. Si c’était le jour, je passais par les accès habituels de l’hôpital; si c’était la nuit, par les urgences (les accès habituels étant fermés). Pas un chat dans la salle d’attente à 4h du matin. Et j’ai gardé cette image des urgences dans ma tête…

Mais là, en ce dimanche pluvieux, il y a foule jusque sur les trottoirs. Ah ! oui. On est le premier dimanche des soldes. Tous les magasins sont ouverts. Peut-être qu’il y a des bonnes affaires à faire aux urgences aussi (sic)… Retour illico presto à la maison. Quitte à souffrir pendant des heures, autant le faire au chaud, dans un lit douillet. Les yeux sont clos, en attendant que Dolorès ait fini de raconter son histoire. Les heures défilent . Vers 2h du matin, le corps est suffisamment fatigué. Tous les muscles se relâchent. Oh ! voilà un sommeil réparateur !

Alors pas le noir…

 

 

Moment de joie

Moment de joie

Quel bonheur que de pouvoir dormir une nuit complète !!! Merci merci, la vie !!! Ces derniers temps, c’était plutôt nuit blanche ou quand je parvenais à m’endormir vers 23h Dolorès me réveillait vers 3h du matin et impossible de me rendormir ou de pratiquer la méditation ou l’auto-hypnose, tellement le physique prend sur le mental. Combien de fois, j’ai pensé à en finir avec l’oeil droit dans ces moments-là… Un bon coup de couteau et au moins les urgentistes sauraient quoi faire pour soulager la douleur. Alors que dans l’état actuel, rien. C’est extrêmement dur. « Mais avec une telle épreuve, tu ne peux qu’être sur le chemin de l’éveil spirituel ! », me dit-on…

Une consultation m’a été accordée au CHU de Montpellier le 24 janvier 2018. On n’est plus à un jour près. En attendant, chaque seconde où Dolorès est absente s’apprécie pleinement dans l’instant présent. Ce n’est peut-être qu’une seconde de répit au niveau des horloges. Mais mentalement, ça peut paraître des heures… Que c’est bon !

Hop hop ! Les pinceaux pour commencer une nouvelle toile. C’est fête !!!

A la manière de Picasso ?

A la manière de Picasso ?

En cette journée du 24 décembre, Dolorès s’est montrée virulentes dès l’aube… Vitamine A, gel larmes quasi en continu… L’oeil droit est aussi huileux qu’une sardine. Il est très tiré vers l’oreille. Evidemment, au niveau harmonie des proportions, ce n’est plus du tout ça ! Déjà que depuis l’usage d’un des collyres les cils de l’oeil avaient drôlement poussé. Et les jours de crise, la peau environnante brunit facilement, comme après un cocard. Bref ! Je suis sûre que Picasso aurait trouvé en moi une bonne source d’inspiration… Il vaut mieux en rire…

Pot à lait

Pot à lait

 

Et voilà « Médord » (en fait, j’ignore son nom véritable) fixé sur un pot à lait ! Il s’agit d’une commande passée depuis plusieurs mois. Pour avoir déjà travaillé sur ce genre de support, je redoutais de commencer. En effet, il demande beaucoup de temps, d’autant plus qu’il n’est absolument pas préparé, ce qui veut dire nécessité de passer de l’abrasif pour que le métal puisse accrocher la peinture, bien enlever toute trace de poussière ou de gras… En attendant, le « bon » moment, le pot dormait dans un coin…

Noël approchant, je me suis dit que son propriétaire serait peut-être agréablement surpris de l’avoir au pied du sapin. La motivation était très forte. Mais l’état de l’oeil droit ne permettait pas d’avancer.

Ces derniers temps, à cause de la pression intra-oculaire qui refuse de se stabiliser à un niveau raisonnable et l’irritabilité des collyres, la cornée est à vif. Quand je ferme les yeux, la paupière droite agit comme une lame de rasoir sur la cornée. L’espace des deux ou trois secondes que la paupière met pour se relever, la douleur est tellement intense que je perds connaissance. Cela m’est déjà arrivé au volant. La voiture a failli une fois manger le mur en face en descendant au village.

La douleur (que j’appelle affectueusement « Dolorès ») peut demeurer une heure, une après-midi ou une journée entière jusque tard dans la nuit. Je trouve que c’est plus pénible à supporter la nuit. J’ai sommeil, mais je ne peux pas me mettre en position allongée, car la paupière pèse une tonne sur la cornée…

– « Docteur, existe-t-il un médicament pour calmer ces douleurs ? »

– « Absolument rien. »

Super !!! Ainsi, quand Dolorès se présente, je fais le moins possible pour éviter d’augmenter encore plus l’irritabilité de l’oeil droit. Souvent, je reste les yeux fermés (le plus fixement possible, car tout petit mouvement de l’oeil droit dans son orbite provoque une décharge électrique). Et quand la souffrance dépasse mon degré de tolérance, il ne me reste plus qu’à mordre dans les coussins pour étouffer les cris…

Vie professionnelle : 0

Vie sociale : 0

Etant donné que le traitement médicamenteux ne parvient pas à stabiliser la pression, l’ophtalmologiste me propose de passer à l’option laser, qu’on écartait jusque-là, car le peu de nerf optique restant risque d’être détruit. Il ne dispose pas du laser qui convient à mon cas. Aussi m’envoie-t-il consulter un professeur au CHU de Montpellier. Voici un extrait de sa lettre :

TP_laserEn attendant l’acceptation (peut-être) de  ce professeur à me recevoir, Dolorès me tient compagnie. Cinq minutes de peinture un jour, cinq minutes de peinture le lendemain…et Médord prend forme. Rien que cela, mon coeur est empli de bonheur. Merci la vie !!!

C’est la rentrée !

C’est la rentrée !

Aujourd’hui, c’est la reprise de la peinture ! Cela fait un mois, jour pour jour, que je n’ai pas touchée aux pinceaux. Il y a eu mille choses autres à faire et à aimer… Face à la toile blanche, le coeur bat plus fort que d’ordinaire. La main est un peu fébrile par le manque de pratique. Pour changer, c’est un visage féminin qui émerge de la blancheur… Hihihi. Dernièrement, mon galant m’a encore répété : « Tu prolonges le visage par un corps nu et tous tes tableaux se vendront ! ». Ce n’est pas faux que des réalisations avec des femmes érotiquement nues trouvent facilement preneurs. Mais voilà, l’inspiration ne me vient pas pour ça… Quant à mon ami, JM, il m’a conseillé de me passer pour morte, afin que la cote monte et je puisse vivre de mes tableaux, vivante… L’essentiel n’est pas de créer pour uniquement vendre. Si la vente se fait, tant mieux. L’essentiel est ailleurs. Et cet ailleurs n’est pas facile d’accès pour ceux qui se contentent de suivre les normes d’une société castratrice…