En eaux troubles

En eaux troubles

Nenuphar_PoissonsLa joie de vivre peut se trouver partout, même en eaux troubles. Les poissons nagent à droite, à gauche, tout droit, en diagonale, en zigzag… tels un corps de ballet infatigable. Tout est paisible. La petite voix dit : « Tu n’as rien de mieux à faire qu’à regarder des poissons idiots ? » « Qu’y-a-t-il de mieux que de savourer la vie ?!! Laisse-moi regarder tranquillement les poissons ! ». Bien sûr, la petite voix déteste ne pas être écoutée…

Aujourd’hui, il y a eu la visite de contrôle des yeux. Tout va bien. Plus de trace d’infection. La pression oculaire s’est stabilisée à en dessous de 20. Pour l’instant, la membrane protectrice de la cornée ne s’est pas encore refermée. C’est ce qui est la source des douleurs au quotidien. On continue à tester la vitamine A.

Finalement, j’ai bien fait de ne pas avoir accepté la chirurgie lourde préconisée en février qui ne visait que la baisse de la pression oculaire. Le diagnostic était trop précipité. Preuve en est maintenant que la pression seule n’est pas responsable de toutes les douleurs.

La peinture attendra jusqu’à demain. Entre la fatigue du voyage et la manipulation des yeux par l’ophtalmologiste, le corps réclame du repos…

 

 

Avant la rentrée

Avant la rentrée

Demain, certains vont reprendre le chemin de l’école, d’autres le travail. En ce qui me concerne, c’est ni l’un ni l’autre. Avec un travail en indépendance, je n’ai pas vraiment de vacances. Il est des gens pour dire que je ne travaille pas, car je suis très souvent chez moi et disponible pour les sorties d’école, dépanner un ordinateur, faire visiter la maison d’un voisin, récupérer un colis, garder un chien… On admet que je suis une femme au foyer… Tout me va. Pas de souci. Je ne recherche aucune étiquette, aucun prestige.

En ce premier dimanche de septembre, me voilà en tête à tête  avec ENOLA. J’avoue avoir du mal à me remettre à peindre. Le mental tourne à 200 à l’heure. Comme je suis en train d’expérimenter une autre approche technique, il me rabâche le doute à toutes les sauces… Non ! Il ne gagnera pas. Trois minutes d’attention portée sur la respiration et le mental est coupé dans son délire. Bien sûr, il reviendra. En attendant, je peux avancer sereinement.

 

Adieu camping-car !

Adieu camping-car !

Ca y est ! La vente est signée aujourd’hui. L’ami qui possédait le camping-car, dont j’ai eu l’immense plaisir à décorer, le cède avec des larmes aux yeux. Dans sa nouvelle maison en Auvergne, il n’y a pas de place pour abriter le véhicule. Les occasions manquent aussi pour le faire rouler. Au final, c’est beaucoup de frais pour pas grand-chose. D’où la décision de le vendre…

Est-ce que l’acquéreur conservera la décoration ? Je l’ignore.

Ca fait un pincement au coeur. Mais ça fait partie de la vie.

Bonne route à toi, camping-car « Le secret des cimes » !

Bonjour juillet

Bonjour juillet

Voilà le mois qui sent bon les vacances ! Le soleil est de la partie. C’est juste parfait. Hormis les moustiques ! Il y a moins d’un mois, je me suis fait piquer dans la nuit par un moustique aux alentours de l’oeil droit. Le lendemain, j’avais mon rendez-vous de contrôle avec l’ophtalmologiste, pris trois mois auparavant.

L’assistante de l’ophtalmologiste voulait que je m’installe derrière la machine qui mesure la pression. J’ai enlevé mes lunettes de soleil. Et là, elle dit : « Ah ! Bah, non ! On ne prendra rien ! ». L’oeil droit avait doublé de volume à cause du moustique… Cornée infectée… Antibiotique et tralala… Finalement, il n’y a pas eu de complication après une dizaine de jours de traitement. Mais, les gouttes antibiotique, ça arrache !!!

Avant cette mésaventure avec le moustique, je ne mettais plus aucune goutte dans l’oeil droit, sauf de la pommade de vitamine A. Début mars, j’étais tellement mal que j’ai arrêté de mon propre chef les gouttes oculaires et je vivais chaque jour beaucoup mieux. Bien sûr, il y a eu des moments de douleurs intenses. Mais ils étaient beaucoup moins nombreux qu’auparavant. L’ophtalmologiste a accepté facilement ce changement de traitement : « Finalement, moins on met de chose sur votre oeil, mieux il se porte ! »

A côté de ça, je pratique aussi souvent que possible de la relaxation, la méditation et l’auto-hypnose.

Je continue à peindre. Mais là aussi, j’y ai mis de l’ordre. Je ne propose plus mes créations à la vente pour me libérer des préoccupations pécuniaires. C’est comme un retour aux sources : je peins, parce que j’aime peindre. Vendre, c’est beaucoup de tracas pour pas grand-chose : entre les frais de la plateforme de vente, les frais bancaires, les frais postaux et les cotisations sociales, ça ne fait pas bézef dans la poche ! Le pompon, c’est quand même de payer des cotisations sociales, sans pouvoir bénéficier de la Sécurité Sociale, car le montant minimum de recettes n’est pas atteint, alors qu’il faille payer dès le premier euro de vente. « Pourquoi tu t’es déclarée ? », me demande un voisin. « Parce que c’est la loi. Dès le premier euro reçu, il faut se déclarer à la Maison des Artistes. » Et il éclate de rires.

Oui, c’est une bonne farce tout ça. Il est temps d’arrêter les frais !

ATC – ACEO

ATC – ACEO

Elfie_en_coursUne petite envie de réaliser des cartes d’artiste passe par là… Elles sont connues sous les abréviations ATC (Artist Trading Card) quand elles s’échangent ou ACEO (Art Card, Editions & Originals) quand elles se proposent à la vente. Ce sont des pièces uniques, faites à la main, sur n’importe quel support, du moment qu’elles respectent le format 64×89 mm.

C’est tout petit comme format. Aïe, je n’ai pas les outils adéquats… Mes plus fins pinceaux ne sont pas assez fins pour les détails. Rien ne m’oblige à travailler la peinture… On verra pour les prochaines. La petite elfe se continue à l’acrylique sur du papier épais. Ca change de la toile !

Qui vivra, verra…

Qui vivra, verra…

GAURAMerci la vie de m’accorder cette journée merveilleuse ! Quelqu’un de l’extérieur pourrait ne pas saisir en quoi elle est merveilleuse : pas de gain à la loterie, pas de vente mirobolante de tableaux… En somme, rien d’extraordinaire qui mérite de l’enthousiasme. Oui ! Pas évident à saisir… Elle est merveilleuse, car pas une once de douleur à l’oeil droit ! Ce qui me permet de peindre… Youpi !!! D’accord ! J’ai la joie facile. Il faut dire que je reviens de loin…

La consultation du 24 janvier ne s’est pas passée comme prévue au CHU de Montpellier. Sur la convocation, il était indiqué une consultation à 9h00, suivi d’un examen anesthésiste à 11h00. Jusqu’à la veille, je ne voulais pas y aller. L’idée du laser m’était insupportable. « Vas-y quand même, ma petite ! Ecoute ce que le professeur a à te dire. De toute façon, il ne va rien te faire demain. Il va juste te présenter l’opération du laser. »

Au réveil, l’oeil droit était rouge. Il se maintenait péniblement ouvert.

Au lieu d’une parlote, l’oeil droit subit toute une batterie d’examens sans ménagement… Qui dit CHU, dit étudiants… « Madame, gardez votre oeil ouvert ! Vous compliquez l’examen, qui n’est pas douloureux ! ». Sur un oeil sain, sans doute ne l’est-il pas. Mais avec une pression à 34 ce matin-là, le moindre souffle est une torture… Pour finir, après quatre heures de mains en mains, échographie… Avec des écarteurs de paupières, à vif. J’ai bondi en pleurs hors de la table d’examen à la pose de l’engin barbare. Je n’ai pas vu à quoi il ressemble, mais il fait affreusement mal. On aurait dit que l’oeil se faisait ouvrir avec un scalpel. « Soyez courageuse, madame ! ».

Le professeur, je l’ai eu en face de moi quelques minutes à la fin des examens, le temps de m’expliquer que le laser ou l’ultra-son ne donneront pas de résultat. Il faut envisager une chirurgie, sans trop de détail… L’infirmière me fixe une date d’opération au plus tôt le 13/02. La matinée se termine à 13h30, par une anesthésiste d’une humanité à faire pleurer. Enfin, quelqu’un qui me considère comme une personne à part entière. Je n’ai cessé de lui dire merci. Elle avait une façon douce de poser des questions. Elle a du vécu. Elle me comprenait. « J’ai été endormie une fois pour être opérée de l’appendicite. Mais il s’est avéré que ce n’était pas de l’appendicite. Alors, j’ai dû être de nouveau hospitalisée… En tout, j’ai eu trois hospitalisations dans ma vie… Sinon, j’ai eu des pertes de connaissance quand je me suis fracturé le crâne et autre bras cassé. C’était pendant la guerre. Pas d’hôpital. Ce sont les cataplasmes d’un guérisseur et autres techniques de ce style qui ont aidé à la cicatrisation. » L’année de mon opération d’appendicite, elle y était justement dans le pays, à la sortie de la guerre… A la fin de la consultation, elle me dit : « C’est loin le 13/02. Le professeur vous a donné de quoi calmer les douleurs d’ici-là ? » « Non ! » « Je vais lui faire un message pour qu’il vous libère une place plus tôt. Vous ne pouvez pas rester comme ça ! »

Dans les heures qui ont suivi, de la tête aux pieds, le corps exprime le traumatisme subi. Pas beau à voir du tout…

Finalement, j’ai renoncé à l’opération, pas dans ces conditions, en tout cas. Ce n’est pas une chirurgie anodine. Elle présente des douleurs post-opératoires et nécessite un suivi très régulier sur une certaine période. J’ai envie d’une équipe compétente, compréhensive, disponible… Le rythme effréné à l’hôpital ne permet pas d’être aux petits soins pour chaque patient. C’est un constat. Mais la vitesse et la précipitation peuvent aussi conduire à des ratés. J’ai encore en tête l’aventure arrivée à Roger cet automne. Lui et sa femme, Margaret, sont venus passer des vacances dans la région. Il est tombé à Arles : une jambe cassée. Il se fait réparer à l’hôpital de Nîmes. Au bout de deux semaines, Margaret m’apprend avec excitation que Roger sort de l’hôpital pour aller en rééducation. Mais au lieu de la rééducation, on lui annonce une complication, qui nécessite une amputation… Il a été rapatrié dare-dare en Angleterre pour l’amputation.

Pour l’instant, je prends le temps de souffler, laisser le corps se remettre de ces émotions. Dolorès revient régulièrement pour une visite. Mais ayant connu des douleurs plus fortes qu’elle, je parviens à mieux accepter sa compagnie. Et si jamais, je suis à bout, l’ophtalmologiste m’a indiqué un chirurgien qui pratique dans une autre ambiance que celle de l’hôpital.

Temps de séchage de l’acrylique

Temps de séchage de l’acrylique

Il paraît que la peinture à l’huile met du temps à sécher. En fait, je n’ai jamais eu la curiosité de travailler la peinture à l’huile, à cause des dissolvants à utiliser. Pour avoir utilisé de la peinture pour carrosserie qui nécessite des dissolvants forts en odeur dans le nettoyage du matériel, (et encore quand les pinceaux ne sont pas « bouffés » par la peinture elle-même), je préfère me cantonner à la peinture à base d’eau. Il paraît qu’il y a maintenant des dissolvants sans odeur pour la peinture à l’huile. Dans ce cas, peut-être que je me laisserais tenter un jour à l’essayer…

Aujourd’hui, Dolorès me laisse tranquille. J’ai pu commencer une nouvelle toile, dos à la baie vitrée (exposition sud, avec un soleil radieux à l’extérieur). Que c’est bon !!!

Avec la chaleur qui règne dans la pièce, malgré le chauffage coupé, la peinture sèche très vite sur la palette. Mais comme je ne dépose que des petites doses à la fois, le gâchis est moindre. Enfin… ça fait toujours un peu mal au coeur quand même, au prix de la peinture !

Ne serait-ce pas le regard d’une Belle qui se profile ?

Inspiration dominicale

Inspiration dominicale

Hop ! une inspiration passe par là… Vite ! Une feuille, un crayon !!! Voilà ! Le sujet de la prochaine toile est là. Cela fait un certain temps que les Belles ont cessé de voir le jour. Nooon ! pas de place au doute. C’est comme la bicyclette, ça ne s’oublie pas. Les gestes vont revenir au premier contact. Aie confiance !

Quelle couleur pour le fond ?

Quelle couleur pour le fond ?

PINK_LILYPINK LILY continue doucement sa progression. Quelle couleur pour le fond ? Plutôt quelque chose dans une tonalité sombre. Noir ? Oh ! Ce serait bien et il ferait extraordinairement ressortir la fleur. Finalement, ce sera quelque chose comme du turquoise… En attendant, d’éventuelles autres inspirations…

Assez vu, le noir. Dans la nuit de samedi à dimanche, j’ai drôlement bien dormi. Au petit matin, je vérifiais plusieurs fois, en tournant les yeux dans tous les sens : « Merci la vie ! Je n’ai pas mal. Génial. Fantastique. » Je retourne volontiers dans les bras de Morphée. Mais vers 8h30, je sors de ma grasse matinée avec tout le côté gauche du visage en feu. Les douleurs partent de l’oeil droit et descendent jusqu’à la mâchoire. Un comprimé de paracétamol plus tard, tout se calme, sauf dans l’oeil. Vers 14h, c’est intenable. L’oeil va exploser, tellement les vaisseaux sont dilatés !

Eh ! hop ! Direction les urgences… La première fois que je me suis présentée à ce service, c’était il y a six ans, à 4h du matin. La prise en charge était directe. Il faut dire qu’ils n’avaient rien à faire avec moi, hormis m’ouvrir les portes et me laisser aller au service qui devait me traiter, car mon hospitalisation était programmée. Seulement, on ne savait pas quand l’évènement nécessitant l’hospitalisation allait se déclencher. Si c’était le jour, je passais par les accès habituels de l’hôpital; si c’était la nuit, par les urgences (les accès habituels étant fermés). Pas un chat dans la salle d’attente à 4h du matin. Et j’ai gardé cette image des urgences dans ma tête…

Mais là, en ce dimanche pluvieux, il y a foule jusque sur les trottoirs. Ah ! oui. On est le premier dimanche des soldes. Tous les magasins sont ouverts. Peut-être qu’il y a des bonnes affaires à faire aux urgences aussi (sic)… Retour illico presto à la maison. Quitte à souffrir pendant des heures, autant le faire au chaud, dans un lit douillet. Les yeux sont clos, en attendant que Dolorès ait fini de raconter son histoire. Les heures défilent . Vers 2h du matin, le corps est suffisamment fatigué. Tous les muscles se relâchent. Oh ! voilà un sommeil réparateur !

Alors pas le noir…

 

 

Moment de joie

Moment de joie

Quel bonheur que de pouvoir dormir une nuit complète !!! Merci merci, la vie !!! Ces derniers temps, c’était plutôt nuit blanche ou quand je parvenais à m’endormir vers 23h Dolorès me réveillait vers 3h du matin et impossible de me rendormir ou de pratiquer la méditation ou l’auto-hypnose, tellement le physique prend sur le mental. Combien de fois, j’ai pensé à en finir avec l’oeil droit dans ces moments-là… Un bon coup de couteau et au moins les urgentistes sauraient quoi faire pour soulager la douleur. Alors que dans l’état actuel, rien. C’est extrêmement dur. « Mais avec une telle épreuve, tu ne peux qu’être sur le chemin de l’éveil spirituel ! », me dit-on…

Une consultation m’a été accordée au CHU de Montpellier le 24 janvier 2018. On n’est plus à un jour près. En attendant, chaque seconde où Dolorès est absente s’apprécie pleinement dans l’instant présent. Ce n’est peut-être qu’une seconde de répit au niveau des horloges. Mais mentalement, ça peut paraître des heures… Que c’est bon !

Hop hop ! Les pinceaux pour commencer une nouvelle toile. C’est fête !!!